Saturday, 21 October 2017

Province Oblate Notre Dame-du-Cap : Message du provincial pour le Dimanche Missionnaire Mondial

Chers confrères,
En ce dimanche où nous célébrons la Mission de l’Église et remercions Dieu pour notre famille apostolique, il est bon de prendre conscience à nouveau que nous sommes tous des missionnaires. Quels que soient notre condition, notre âge ou nos engagements, nous participons non seulement à la vie de Dieu, mais à son Esprit et donc, à la mission qu’il réalise dans le monde actuel. 
Les rencontres régionales dans la province sont presque terminées.  Elles portaient sur notre condition actuelle et les impacts du vieillissement sur notre existence communautaire et missionnaire.  Ces échanges ont été nourris à partir de la lettre que le Père Lougen adressait le 21 mai dernier aux confrères âgés.  Dans chaque milieu, les échanges furent généreux, transparents et authentiques.  Ils ont manifesté la santé de notre confiance mutuelle et notre désir de vivre véritablement comme des frères au coeur même de nos différences et de nos parcours très diversifiés.

Tuesday, 17 October 2017

La Journée de la Veille des Sœurs par l’Esprit à Ekuanitshit

<La Journée de la Veille des Sœurs par l’Esprit à Ekuanitshit Groupe Logo

Aujourd'hui est la journée des Sœurs en Esprit à la communauté d'Ekuanitshit. C'est une journée consacrée aux femmes et filles autochtones disparues ou assassinées. La violence vécue par les femmes et filles autochtones du Canada est une tragédie nationale. La dernière commission nationale constituée pour en enquêter en est une preuve palpable. Nous devons prendre le temps de remercier les familles qui sont notre raison de continuer à réclamer des actions.Cette journée est normalement célébré le 4 Octobre. Une veille peut prendre plusieurs formes, d’un moment de silence à une marche ou un festin communautaire. Tout ce qui importe est que vous preniez un moment le 4 ou autour du 4 octobre pour souligner cette journée.
Nous croyons fermement que les veilles du 4 octobre des sœurs par l’esprit sont des mouvements pour le changement social. Le nombre de veilles du 4 octobre est passé de 11 en 2006 à un impressionnant 216 en 2014. Et que cette année, il y en a eu sûrement d’autres qui se sont rajoutées.
Chaque année donc, des membres de familles touchées par la perte d’un être cher, des membres de communautés autochtones et citoyens inquiets se réunissent le 4 octobre pour la tenue d’une veille en l’honneur de ces femmes et ces filles autochtones disparues ou assassinées. Des veilles sont tenues dans de nombreuses collectivités au Canada et ailleurs dans le monde. Ces rassemblements sont des moyens de sensibilisation et un soutien pour les familles qui pleurent leurs êtres chers. Pour en savoir plus: Veilles du 4 octobre
Ali C. Nnaemeka (mekaalison@gmail.com)
«The truth might be hard to say, painful to bear or even drastic for the truth sayer but still needed to be said». ALISON.

Friday, 22 September 2017

Mon Journal du Malawi (I) par P. Kelvin Ugwuh, MSP

«Si rien ne vous intrigue dans la vie, regardez bien si vous êtes sur le bon chemin.»

P. Kelvin Ugwuh, MSP

13450708_10208126445771671_2197106485655413648_nJe n’ai pas pu fermer mes yeux dans l’avion à cause de la curiosité. Je ne faisais que regarder à travers les fenêtres pour observer où nous passions. Et puis, nous sommes arrivés à un point où je n’ai vu que la couleur «brune». Je me suis dit, «c’est le désert, - cette partie de la terre où c’est souvent très difficile pour des animaux et des humains de survivre. C’est curieusement en ce moment-là que le pilote a annoncé, « Ladies and Gentlemen, we are preparing for our final descent to Malawi International Airport, fasten your seat belt… ». À l’instant même, comme détaché de moi-même, je me suis rendu compte que je m’observais silencieusement et mutuellement. C’était en octobre 2016.

17759998_10212815509681455_1579504993007573428_nIl y a toujours cette voix-là qui continue à me dire « Si ce n’était pas la folie, qu’est-ce qui pouvait motiver un beau jeune homme comme toi de devenir missionnaire et puis partir mourir au désert ? » Tu le mérites ! Ntooo[1]

Il y avait aussi une autre voix qui me disait « Ce n’est pas encore trop tard pour changer d'avis. » Rappelle-toi que tu venais de perdre ton papa, ta maman a besoin de toi. Tu es son premier fils. Ce n’est pas Dieu qui t’envoie ici. Ne vois-tu pas cet endroit, qui pourra y survivre ?»

18058205_10213055247514751_2516432139764011491_nÀ notre arrivée, j’ai pris mon bagage à main et puis j’ai franchi la porte de l’avion. L’air chaud qui m’a accueilli l’a tout dit. C’est vraiment en ce moment-là qu’au-delà de tout doute, je me suis rendu compte que j’étais évidemment au Malawi.

Mais, et je veux vraiment dire, mais,

Il y avait aussi une autre toute petite voix qui continuait à me chuchoter, « Si ce n’est pas dur, ce ne vaut pas le coup. Si ce n’est pas difficile, ce ne sera pas intéressant. Si rien ne vous intrigue dans la vie, regardez bien si vous êtes sur le bon chemin. ».

La réalité de la vie est faite en sorte qu’au debout de chaque aventure, surtout des grandes valeurs, il y aura beaucoup d’avenus de découragement. Et il y aura toujours une voix qui te donnera toute raison pour ne pas y embarquer. 

20819357_10214288712550606_1566888796480269987_oJe connais quelques amis qui veulent soutenir les pauvres et les orphelins même ici au Malawi, mais à chaque fois qu’ils décident de le faire, ils se rappellent tout ce qu’ils peuvent avec l’argent. C’est pour cela que je félicite Nnamdi Amadi et ses amis qui même de peu qu’ils ont, ont vu la nécessité de faire quelque chose pour les enfants de notre mission. (J’en parlerai dans l’avenir).

Donc soient l’école, les affaires, le choix vocationnel, des gestes caritatifs, soit quoi que ce soit que vous voulez faire, il faut savoir que si rien ne vous intrigue dans la vie, vous devrez bien regarder pour savoir si vous êtes toujours sur le bon chemin.

Aujourd’hui au Malawi, je sais que j’ai des milliers de gens qui attendent que je puisse leur apporter de l’aide matérielle ainsi que spirituelle mais nous sommes maintenant devenus une grande et heureuse famille. Désormais il ne me vient même plus en idée de partir. Et le peu que nous avons, nous partageons. Plus votre vie est simple plus vous êtes heureux.


À continuer . . .



[1] Une expression du peuple Igbo du Nigeria qui veut dire assumer la conséquence de ton obstination

MY MALAWI DIARY (I) by Fr Kelvin Ugwuh, MSP


«  If Everything Is So Smooth, Check If You Are Truly On the Right Path. »  
                                                                                        - Fr Kelvin Ugwuh, MSP
Curiosity did not allow me sleep in the plane. I kept looking down through the window of the plane to see the places we are traversing. Then we got to a certain place, I looked down and saw nothing but the colour 'brown'. I felt like, that must be the portion of land called desert in which it is usually difficult for animals or humans to survive since it is dry without water. It was just then, the Pilot announced, "We are now In Malawi; fastened your seat beat. . ." At that point, myself looked at myself and they were both speechless. This was in October 2016.
There was that one voice that kept telling me, "If not foolishness, what else could make a young fine boy like you to desire to be a missionary priest; so that he will come and die in the desert?  Good for you. Ntooo!!!"
There was yet another voice telling me, "It is not late to go back. Remember your father just died, your mother needs you. You are her first fruit. It is not God that is sending you here. Can't you see the place, who can survive here?
When we landed, I got my hand luggage and walked through the door of the Ethiopia airplane I boarded. The dry hot air that welcomed me said it all. It dawned on me that I am really in Malawi.
But,
There was that small voice that kept urging me on, "If it is not hard, then it does not worth it. If it is not difficult, then it won't be sweet. If everything is smooth, then you are on the wrong path."
The reality of life is such that, when you are beginning anything, especially when it is something of great value, there will be so many things to discourage you. And there will be that voice giving you all the many reasons not to continue. 
I know some friends who had this burning desire to support the poor and the orphans even here in Malawi, but anytime they come up with a plan, that is when they will remember all other things that their money should have been used for. This is why I praise Nnamdi Amadi and his friends who even in their little saw the need to do something. (I will write about that subsequently).
Be it business, be it school, be it charity, be it vocation, or whatever you intend beginning, always bear in mind, If everything is smooth, check if you are still on the right path.
Today in Malawi, I can tell you this, I have thousands who look up to me for both spiritual and material needs. We have become one big happy family such that I can't even think of leaving them now. The little we have we share. The simpler your life is, the happier you are.
To be continued. . .

Monday, 18 September 2017

Mon chemin de foi : du pays igbo du Nigeria au territoire innu de la Côte-Nord, Canada Par Ali Nnaemeka, O.M.I.

Publié dans Prêtre et Pasteur, Mai 2017, pp. 294-297

« Le Seigneur dit à Abram : Va-t’en de ton pays,

de ta patrie, et de la maison de ton père,

dans le pays que je te montrerai » Gn 12, 1.

Mon enfance

GNMZ3689[1]Si on m’avait dit qu’il fallait aller jusque sur la Côte-Nord du Québec, Canada, pour retrouver la simplicité de la foi chrétienne, je ne l’aurais jamais cru. Né dans une famille très pratiquante ; d’une mère très pieuse et d’un père d’une foi très adulte et qui a toujours besoin de savoir le pourquoi avant de croire, j’ai donc dû apprendre à naviguer tôt entre la piété et l’incrédulité. À sept ans, j’ai rejoint le groupe du Rosaire et à onze, lors d’un cours sur la reli­gion, j’ai vu naître mon désir d’être missionnaire.

Mais n’ayant pas encore assez d’arguments pour convaincre mon père - qui me voulait avocat - que j’avais déjà découvert quelle était ma vocation, j’ai donc dû continuer longtemps à mûrir l’idée dans mon cœur d’enfant. Tout mon jeune âge fut un temps pour servir dans notre église locale dans divers groupes et mouvements de piété. Tous mes rêves d’enfance étaient cependant de devenir prêtre et de partir loin pour apporter la Bonne Nouvelle à un autre peuple comme les spiritains irlandais l’ont fait pour mon peuple.

Le début de ma vocation missionnaire

IMG_0012[1]Cependant, étant d’une société où il est souvent difficile de distin­guer les prêtres religieux des prêtres séculiers, toute mon enfance s’est passée juste dans le rêve de devenir prêtre, religieux ou sécu­lier, peu importe. Par providence, j’ai trouvé une manière de convaincre mes parents que j’avais un autre rêve que le leur. En débutant donc mon cheminement dans mon diocèse d’origine, j’ai pu, quelque temps avant de commencer ma propédeutique, com­prendre la différence entre prêtre religieux et séculier.

Ayant connu les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, ma for­mation à la vie religieuse prend son envol. Six années passées au Cameroun dont deux au prénoviciat et au noviciat respectivement, trois en philosophie et une autre pour le stage pastoral. Mais à la fin de mes études philosophiques, j’ai eu ma première crise exis­tentielle. J’ai pratiquement perdu la foi en Dieu, car toutes les preuves de l’existence de Dieu assimilées au cours de la méta­physique et de la question de Dieu ne m’ont paru être de très beaux discours, mais très détachés de ce Dieu connu de mon enfance. J’ai donc terminé le premier cycle de la philosophie presque athée.