Saturday, 4 March 2017

Retour à la Case Départ: Quand une Vacance Devient Pèlerinage

Le 27 Décembre 2016 je suis parti en mission-vacances dans ma province oblate d’appartenance et dans mon pays. Ayant fêté mon deuxième anniversaire de présence au Canada, le 21 décembre dernier, j’ai profité de l’occasion du temps des Fêtes de la fin d’année 2016 et du début de l’an 2017 pour passer un temps dans ma famille biologique ainsi que dans ma province oblate d’appartenance, le Cameroun. 
La dernière fois que j’avais passé un temps des fêtes dans ma famille biologique date de 2003, l’année que j’ai débuté mon cheminement avec les Oblats. Et ma dernière participation à l’assemblée provinciale au Cameroun date du 2010, lors de mon stage canonique. 
Parti de Montréal le 27 décembre, je suis arrivé dans ma famille, à l’est du Nigeria, le 30 décembre 2016. C’était une immense joie de retrouver les miens rassemblés pour les fêtes de la fin d’année. Passant alors d’une fête à l’autre et d’une réunion familiale à l’autre, nous avons pu voir arriver en beauté l’année 2017. Mais mon premier séjour en famille, fut de courte durée car j’ai dû partir dès le 3 janvier pour l’assemblée provinciale. 
Passant par les endroits que le groupe terroriste nigérian Boko-Haram avait déjà occupé, nous sommes arrivés à Maroua, la capitale à l’extrême-nord du Cameroun, le matin de la deuxième journée de notre voyage. Les retrouvailles furent spectaculaires car il y avait des confrères que je n’avais pas revu depuis presqu’une décennie et d’autres que je n’avais jamais rencontré.  
Pendant cinq jours, la famille mazenodienne, Oblats et les associé(e)s s’est penché pour scruter de plus près, ce que fut l’élan initial et les motivations de nos pères fondateurs, venant de la France, pour se lancer à l’aventure de ce côté de notre monde. Ces cinq jours nous ont donc permis non seulement de marcher sur leurs traces mais aussi d’évaluer ce qui reste de leurs présences au Cameroun, Tchad et Nigeria après 70 ans. 
L’assemblée achevée, je me suis mis en route, en bon pèlerin sur mes anciennes traces au Cameroun. Je suis allé, dès le lendemain, rencontrer nos 12 jeunes du Pré-noviciat à Mokolo, (une zone rouge de l’extrême-nord). Une soirée passée au milieu de ces jeunes, venant du Nigeria, du Tchad et du Cameroun m’a rappelé mes premiers pas avec les Oblats et mes balbutiements en langue française. 
Parti du Pré-noviciat, je me suis rendu à notre scolasticat international de Yaoundé. Une visite dans cette maison où l’esprit vibre et des idées se bousculent du pôle de la philosophie à celui de la théologie ne peut que rappeler à chaque visiteur ces années glorieuses de la spéculation et du début des rêves missionnaires. Au bout de ces trois jours au milieu de cette communauté composée des jeunes scolastiques et de leurs formateurs issus d’une dizaine des pays, a réveillé encore en moi un désir ardent pour la mission ainsi que pour les études. 
Du Scolasticat, je me suis rendu au Noviciat. C’est franchement là que j’ai vécu une rencontre plus approfondie. À mon arrivée, le maître de novice, qui fut aussi mon maître de novice et mon supérieur du scolasticat, m’a confié toute une matinée pour partager mon expérience missionnaire avec les jeunes. Nous avons donc pris de 8h30 à midi pour revoir ce qui fut mon expérience de la formation première et ce que je vis aujourd'hui comme missionnaire dans un contexte différent de celui de mes origines. Ce fut une rencontre édifiante pour les jeunes et surtout pour moi, qui grâce à leur curiosité, ai pu revoir toute mon expérience comme Oblat de Marie Immaculée. 
Et la fin de ces visites des maisons de formation, j’ai senti avoir fait de ce temps de vacance un vrai pèlerinage.  


Saturday, 21 January 2017

Bienheureux Cyprian Michael Iwene Tansi, un Modèle du Zèle Sacerdotal et de la Prière

Né Iwene (Iwemmaduegbunam – Que la méchanceté humaine ne me tue pas) en Septembre 1903 à la famille de M. Tabansi (prenez ton mal en patience) de Igboezunu-Aguleri et Mme Ejikwesi de Nteje. Iwene avait trois frères : Ifekwunigwe (le nombre fait force), Obiadiegwu (baptisé Vincent) Ekemezie, baptisé Stéphane ; et une soeur Obiamma (Celle qui incarne le bien-être). À peine six ans, le jeune Iwene est envoyé dans « le village Chrétienne » de Aguleri pour habiter avec sa tante maternelle et cousin (Robert Orekie). 
 
Le 7 Janvier 1912, Iwene fut baptisé Michael à l’âge de 9 ans. Dès son baptême, Iwene démontre sa conviction de suivre le Christ d’une manière radicale, en déclarant à ses parents de sa rupture totale avec toutes les pratiques religieuses traditionnelles. 
En 1913, Iwene part à Onitsha pour l’école primaire à Holy Trinity School. Six ans plus tard, il obtient son diplôme de fin d’études primaire à St Joseph’s School, Aguleri. Avec son diplôme de fin de primaire, Michael Iwene Tansi était qualifié pour enseigner aux primaires. L’année suivant, en 1920, il débute son carrière d’enseignant à son Alma Mater, Holy Trinity School, Onitsha. Quatre ans plus tard, en 1924, Michael retourne à Saint Joseph’s School, Aguleri comme directeur.  L’année suivante, en 1925, Michael quitte l’enseignement pour entrer au Séminaire Saint Paul de Igbariam. Il sera ordonné prêtre par Mgr Charles Heerey, Cssp, en 1937, à l’âgé de 34 ans. Une fois ordonné, il est envoyé à Nnewi où il sera le vicaire de l’abbé John Cross Anyaogu. Ce dernier sera nommé évêque plus tard. En 1939, Michael est nommé le premier curé de Dunukofia. Pendant son mandat comme curé de Dunukofia, Michael fonde le Centre Sainte Anne pour les jeunes femmes qui s’en vont en mariage. En 1945, il fut nommé curé à Akpu/Ajali avant d’être transféré dans son village natale, Aguleri quatre ans plus tard.

Wednesday, 4 January 2017

Going too far to find it so Close: The Rediscovery of My Native Igbo Language through Innu, A Canadian Native Language

On studying innu, a language spoken by one of the native peoples of Canada, I came to observe a crucial dichotomy difference that exist between Native Peoples Languages and most of the European languages, more especially, those who have Latin as their grammatical bases. As a matter of fact, Innu language, which is one of the numerous Algonquin family languages, has certain characteristics that differentiate it from other Latin and Greek oriented. Anyone intending to study it, must first get rid of every tendency of comparing it to other Latin grammar structures. I have already evoked some of its particularities in a former blog post and so will only enumerate the cases here without much emphasis. 
One of the errors, for example, that French, Spanish, Italian etc., speaking  learners of innu language do is to look for the traditional genres of words. But fortunately or unfortunately, innu language does not categorize words as either masculine, feminine or neutral but either as animate or inanimate. And unlike those languages who have tendency of looking at an object from the point of view of their sexes, innu language is more interested in the relationship that the objects maintain with life in general, and with human beings in particular. For this reason, an object is animate or inanimate in innu language because of the particular vital  role it has to play in the cosmos. In many cases, the particular role of an object can change its genre from inanimate to animate and vice versa. For non indigenes, this is a very serious cause of misunderstanding and really one of the reasons of dichotomy in the vision of the world amongst the Autochthons and the non autochthons.
Secondly, Innu language is a language of relationship and it is on this that their genre classification is fundamentally based on for it plays a very important role in the modal classification of its verbs. It is also here that I recently discovered the anthropological relationship between innu language and Igbo language. In the same article I mention above, I explained that in innu language, a verb is never in neutral form for it is always relates to its subject. 

Friday, 23 December 2016

MESSAGE DE NOËL 2016 DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DU TCHAD : Debout ! Le Seigneur Vient !

Jean-Claude BOUCHARD, évêque de Pala, président de la CET

DJITANGAR GOETBE Edmond, archevêque de N’Djamena et administrateur apostolique de Sarh

Miguel SEBASTIAN, évêque de Laï et administrateur apostolique de Doba

Rosario Pio RAMOLO, évêque de Goré

Joachim KOURALEYO TAROUNGA, évêque de Moundou

Henri COUDRAY, vicaire apostolique de Mongo

Martin WAINGUE, évêque élu de Doba

Debout ! Le Seigneur vient !

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ;

et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi …

Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule,

le bâton du tyran, tu les as brisés » (Is 9,1.3).

Chers frères et sœurs dans le Christ,
Hommes et femmes de bonne volonté !

  1. L’Année Sainte de la Miséricorde que nous avons  vécue nous a permis  de découvrir à quel point Dieu aime l’homme, prend soin de lui et désire qu’il se convertisse et qu’il vive. Nous avons aussi pris conscience de notre responsabilité vis-à-vis du prochain que nous sommes appelés à aimer. La Fête de Noël est la célébration de cet amour miséricordieux de Dieu qui se manifeste  pour nous  et pour notre salut à travers la venue de son Fils Jésus dans notre monde. Elle doit donc être, au dire de l’ange, un moment  de « grande joie pour tout le peuple » (Lc 2, 10).  Mais dans notre pays saturé de mauvaises nouvelles, comment accueillir cette Bonne Nouvelle ?

2. Le contexte sociopolitique et économique dans lequel nous allons célébrer cette fête est malheureusement marqué par d’importants sujets d’inquiétude. Nous notons en premier lieu la controverse née autour de la gestion  des élections présidentielles, le non versement des salaires et les mesures d’austérité prises par le gouvernement pour juguler la crise économique et financière. Mais il y a aussi les conflits intercommunautaires, en particulier les conflits sanglants entre éleveurs et agriculteurs, qui continuent à causer des pertes humaines et matérielles  dans les familles.

3. Notre mission de pasteurs nous met en contact permanent avec le peuple et nous sommes témoins de ce qu’il vit quotidiennement. C’est pourquoi nous ne pouvons pas taire ce que nous voyons et entendons et passer sous silence les souffrances et l’état de désespérance de nos populations. Mais notre message de Noël de cette année  se veut surtout un message d’espérance et un appel à tout faire pour sortir notre pays de la crise actuelle, qui menace gravement la paix sociale et compromet sérieusement son avenir. Ce message est donc aussi un appel à la conversion des cœurs car nous n’avons pas le droit, pour quelque raison que ce soit, de renoncer à vouloir le bonheur de tous les citoyens, en particulier des jeunes qui voient leur avenir compromis, sinon complètement fermé.

Tuesday, 13 December 2016

À Qui Parlait Justin Trudeau à Antananarivo ?

XmasPlus on croit que les politiciens occidentaux sont sages, plus ils vous surprennent avec leur sortie coloniale, dominatrice et maladroite, indépendamment de leur parcours politique. Pourquoi semblent-ils perdre le contrôle une fois leur avion se pose sur certains continents ? En effet, on peut pardonner Nicolas Sarkozy et ses semblables qui, pour des raisons historiques, croient aveuglement à la perpétuité de lhégémonie européenne au point de penser que l’Afrique n’est même pas encore entrée dans lhistoire, mais quand cest Barack Obama et Justin Trudeau, on reste madagascar_manifestation191116_0sur sa faim. En les écoutant, on a envie de se demander ce qu’éloignent les Occidentaux des vrais problèmes africains. Depuis, lAntiquité, l’Afrique a toujours été cette terre moins connue, mais la plus «comprise» de tous. Tout le monde se permet de sy prononcer à tort et à raison. Pour parler de la Côte-Nord, on cherchera un spécialiste, mais quant à lAfrique, il suffit de trouver n’importe quel touriste qui aurait été une semaine à Bobo-Dioulasso. Doit-on penser que les chefs dÉtat occidentaux se basent aussi sur des tels informateurs